Les bus électriques, solution d’avenir pour la RD1508?

Les bus électriques, solution d’avenir pour la RD 1508 ?

EugeneBRTReal400La SIBRA a mis en service à l’automne 2012, dans l’agglomération, deux bus hybrides diesel-électriques. C’est un progrès, dans la mesure où ce type de bus consomme moins de carburant (28 litres aux 100 km contre 41 litres au 100 km pour un bus classique) et permet donc une réduction des émissions de CO² et d’oxyde d’azote (entre 25 et 30% de moins). A notre avis, cette évolution constitue une étape intéressante, « semi-propre », mais qui devra céder la place au tout électrique « 100% propre » lorsque la technologie des batteries aura été expérimentée et industrialisée, y compris pour le recyclage des batteries.

L’article qui suit fait le point sur les solutions technologiques en cours de test dans un nombre croissant de pays.

Si la volonté politique est là, nous pouvons espérer voir des bus électriques « 100% propres » rouler « en site propre » sur la RD 1508 d’ici à quelques années. Beau challenge pour les rives du lac le plus pur d’Europe!

Des bus électriques à piles à combustible (PAC) sont à l’essai dans de nombreuses villes du monde depuis près d’une dizaine d’années, mais le coût des PAC et de l’hydrogène est élevé, et les PAC sont réservées dans le meilleur des cas aux camions et autocars qui font de très longues distances.

Une nouvelle génération de bus électriques avec des batteries lithium-ion ou des super capacitors est entrain de faire son apparition et risque bien de remplacer les PAC.

En France, des projets de bus électriques commencent à voir le jour, le plus souvent il s’agit de navettes destinées au centre-ville, mais les progrès techniques en matière d’autonomie et d’entretien sont considérables et l’autonomie devient compatible avec des trajets périurbains. Outre les préoccupations environnementales des communes, pour être conformes au Grenelle de l’Environnement, ceci devrait encourager les collectivités à franchir le cap et à investir dans des transports en communs électriques.

Le prix reste plus élevé que les bus thermiques, avec un surcoût de 35 à 40%, prix auquel il faut rajouter la batterie, mais le plus souvent la batterie est louée, faisant reposer maintenance et entretien au loueur.

Par contre ce surcoût est compensé par la diminution des coûts d’entretien du véhicule, l’économie des freins par système de récupération d’énergie, la durée de vie prolongée des véhicules, et l’économie d’énergie. Mises bout à bout, ces économies réduisent le surcoût à l’achat, la différence serait de 15 % seulement. Et cette différence devrait être encore réduite avec l’augmentation de la production de ces véhicules.

Le développement des bus électriques en France a été accéléré par l’opération «100 bus électriques» lancée en septembre 2004 par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) avec de nombreux projets réalisés à  Arcachon, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Valenciennes, Paris (Montmartrobus depuis 10 ans, Traverse Batignolles-Bichat depuis décembre 2011), avec le plus souvent des minibus qui desservent les centre-villes ou relient différents quartiers.

mont_saint_michel__061294500_1105_30052012La baie du Mont Saint Michel a choisi récemment le Bluebus de Gruau Microbus, avec des batteries BatScap du groupe Bolloré, pour effectuer le transport de visiteurs. C’est un microbus de 22 places 100% français. Son moteur de 90 kW (120ch) lui donne la plus forte énergie embarquée du marché. Grâce aux trois packs de batteries Lithium-Métal-Polymère de BatScap, stockés dans le plafond du bus, il dispose d’une autonomie nécessaire à une journée entière d’exploitation, et se recharge complètement en 8 heures

SunShuttle1Le Sun Shuttle, d’origine néerlandaise (société SOIOS), a fait son apparition en France en novembre 2012 à Center Parcs en Lorraine,  il est commercialisé en France par la société Mobilité Plus. C’est le premier «train» urbain sur pneus entièrement électrique, silencieux. Avec ses batteries électriques lithium et l’apport énergétique des panneaux solaires transparents fixés sur le toit des wagons, il répond efficacement aux attentes environnementales en milieu urbain. La consommation énergétique a été réduite au maximum : 0,06kWh/1000Kg/Km. Ce train a une autonomie d’environ 250 km par jour . Il atteint une vitesse de 30 km/h.. Composé de deux wagons, le train accueille 50 à 60 passagers. Il ne nécessite pas d’infrastructures (rails, caténaires). Il sera commercialisé en France à un prix d’environ 220 000 €HT. Une version compacte transportant 40 passagers est commercialisée au prix de 160 000 €.

Pour l’instant les véhicules électriques utilisés en France pour les transports en commun sont des minibus réservés aux centre-villes ou navettes entre quartiers.

Des projets sont en cours d’expérimentation avec des bus de grande capacité, comme le projet WATT à Valenciennes. La technologie WATT consiste à équiper un bus standard de supercondensateurs capables de distribuer et stocker l’énergie, et d’un bras télescopique automatique se connectant à un support attenant à l’abribus qui permet de recharger les batteries du bus lors de l’arrêt à la station.

Actuellement, pour les dessertes périurbaines, les véhicules hybrides, combinant batterie et moteur thermique, sont plus adaptés, afin de disposer d’une capacité de voyageurs suffisante (un bus de 12 mètres peut transporter 80 personnes). Les premiers bus hybrides ont commencé à faire leur apparition en France en 2009.

safra-businova-nuanceLe constructeur Safra a dévoilé le 12 octobre 2011 son nouveau bus : Businova. Un bus innovant par son design et par sa technologie multi-hybride à la fois électrique, hydraulique et thermique : d’une part un moteur hydraulique par pression d’huile stockée dans des réservoirs sous pression. Ce moteur se met en route pour le démarrage du bus. Les phases de ralentissement et de freinage permettent de récupérer l’énergie qui est ensuite transférée par la pression d’huile. Une fois le véhicule lancé, un moteur électrique prend le relais. Pour soutenir le tout, un petit moteur thermique permet d’assurer les longs trajets, comme les départs et retours au dépôt.

Courant 2013 nous devrions le voir rouler dans les rues de Toulouse sur le réseau Tisséo. Le constructeur albigeois prévoit en effet de livrer 50 bus à l’opérateur toulousain dès 2013 (d’une valeur unitaire de 350 000 euros HT, batteries comprises), et 100 à 200 véhicules par an à terme.

Etat des lieux des bus électriques dans le monde :

Des bus 100% électriques de grande capacité circulent déjà depuis quelques années en Asie, aux Etats-Unis et dans certaines villes européennes.

electrical-Sunwin-busLes Bus électriques Sunwin (compagnie chinoise filiale de Volvo) circulent à Shangai depuis l’exposition universelle de 2010. Leurs super capacitors sont rechargés à chaque arrêt de bus par un pantographe (dispositif articulé qui permet de capter le courant par frottement sur la caténaire). Temps nécessaire pour une recharge à 50% : 30 secondes, 80 secondes pour une recharge à 100%. En exploitation normale, les super capacitors sont totalement rechargés en fin de ligne, et sont partiellement rechargés à chaque arrêt de bus. Les Sunwin ont une vitesse maximale de 50 km/h.

D’autres bus du même type ont été introduits sur le réseau de Hong Kong.

Volvo, grâce à sa filiale de bus Nova aux USA, prévoit une version américaine du Sunwin électrique qui serait mise à l’essai dans la ville de New York.

BYD-K9-Bus-4Les bus électriques K9 de la société BYD (Build Your Dreams) sont équipés de batteries Lithium Ion Phosphate de fer (matières recyclables) et de cellules solaires installées sur le toit, permettant une autonomie de 250 km sans apport solaire et 300 km avec l’énergie solaire en complément. Les batteries sont rechargeables à 100% en 6 heures, et à 50% en 30 minutes. Long de 12 mètres et d’une capacité de 45 passagers, ce véhicule a vitesse maximale est de 70km/h.

BYD  équipe de nombreuses villes en Chine depuis sa sortie en 2010 (province de Hunan, Shenzhen), à Singapour, et développe son marché en Amérique du Nord (Los Angeles, Windsor en Ontario) et commence à arriver en Europe (Copenhague, Franckfort, l’ile Schiermonnikoog parc national aux Pays Bas). En aout 2012, l’entreprise de transports israélienne Dan Bus a commandé 700 bus électriques K9 à la société BYD

Les bus Elec-City de Hyundai circulent depuis janvier 2011 à Séoul en Corée du Sud. Ils sont équipés avec des batteries lithium-ion de l’Américain Ener1, avec une recharge rapide en 30 minutes, une autonomie de 80 km, une capacité de 55 passagers et une vitesse maximale de 90km/h.

Les bus électriques EcoRide de la société Proterra circulent à Los Angeles. Équipés de batteries lithium-titane de la firme américaine Alter Nano de 72 kwh seulement, elles nécessitent des recharges régulières grâce à deux stations de recharge sur le trajet, qui permettent une recharge à 85% en 10 minutes. Ces bus peuvent transporter 68 passagers. Proterra va fournir les mêmes bus à la ville de San Antonio au Texas, mais avec des batteries de plus grandes capacités.

proterra-fastchargeproto3qfss6.gifProterra propose aussi depuis deux ans le bus Ecoliner, un bus 100% électrique à charge rapide,  capable d’atteindre 90 % de sa charge maximale en moins de 10 minutes, celle-ci s’effectuant à chaque terminus de ligne via un système situé sur le toit, lui-même relié à une infrastructure de charge. Ce procédé lui permet d’effectuer une ligne de bus complète sans manquer d’énergie et en ne perdant pas de temps pour la recharge.

Dans la ville d’Umea, en Suède, « l’Arctic Whisper » est à l’essai. Basé sur un bus Volvo 7700, c’est un hybride rechargeable développé par e-Traction, Hybricon et Opbrid. Ce bus est équipé de batteries lithium-ion de la compagnie américaine Valence Technology, qui lui donnent une autonomie de 2 heures. Grâce à un système de recharge rapide par pantographe en fin de trajet, ce bus peut être utilisé en version électrique 16 heures par jour. En cas de nécessité, le moteur diesel peut intervenir.

En Grande Bretagne, la société Optare commercialise le bus de taille moyenne Solo EV avec 55 passagers. Équipé de batteries lithium de l’américain Valence, ce bus électrique a une autonomie de 150 km et une vitesse maximale de 90 km/h.

Un bus électrique à rechargement sans fil testé aux Pays-Bas :

emoss_nl_01-1À Den Bosch, aux Pays-Bas, l’entreprise E-Moss teste en ce moment un bus électrique à rechargement sans fil. Le bus utilise un rechargement classique avec câble la nuit, mais il recharge en journée ponctuellement, à des arrêts de bus, en quelques minutes, grâce à son système à induction par un transfert d’énergie qui fournit 120kW à chaque arrêt dans la batterie du véhicule. Il peut ainsi effectuer son service de 18h par jour, durant lequel il parcourt 288 km, sans arrêts prolongés. C’est une première pour les transports publics. Ce véhicule peut atteindre une vitesse de pointe de 90 km/h sans réduire le nombre de passagers du modèle initial.

aggie-bus2Un autre bus électrique à rechargement sans fil est testé aux Etats-Unis, à l’université de l’Utah : le « Bus Aggie » C’est le premier bus conçu par une organisation américaine (université de l’Utah) utilisant le transfert d’énergie par induction pour recharger ses batteries.

Des niveaux d’émission de CO2 et d’oxyde d’azote plus stricts sont sur le point d’entrer en application au sein de l’Union européenne en 2014. En effet, les véhicules commerciaux devront réduire de 80% leurs émissions d’oxyde d’azote et de 67 % celles des particules. L’essai de cette technologie est donc une réponse adaptée au contexte actuel. D’autant plus que les autorités néerlandaises ont annoncé un objectif de zéro-émission dans les transports publics à l’horizon 2025.

Bien qu’actuellement les prix d’acquisition restent encore élevés, ces coûts devraient diminuer sur le moyen terme. Par ailleurs, l’investissement lié à l’achat d’un bus à induction peut être amorti en trois ou quatre ans, en fonction de la taille de la flotte et du nombre de points de chargement. Il s’agirait donc d’une avancée à la fois technologique et financière. Reste maintenant à attendre les résultats de l’expérimentation.

La technologie de transfert d’énergie sans fil a de nombreux avantages dans le domaine de la mobilité, et notamment une plus grande fiabilité grâce à l’absence de pièce mobile ou de câble, l’assurance d’une sécurité supplémentaire par l’élimination du risque d’électrocution, et une apparence plus esthétique grâce à l’absence de câblage visible.

Des solutions techniques existent pour baisser l’émission de gaz à effet de serre, comme le préconise le Grenelle de l’environnement, que ce soient des véhicules hybrides ou des véhicules 100% électriques… faut-il encore oser franchir le cap… un véritable chalenge !!

 

Publicités

2 réflexions au sujet de « Les bus électriques, solution d’avenir pour la RD1508? »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s