Tunnel or not tunnel : une concertation va être lancée

Le revoilà !

Tel le serpent de mer, le projet de tunnel sous le Semnoz refait surface de temps en temps, puis disparait à nouveau. Il en est de même pour notre blog « Libérez la RD 1508 », qui suit l’actualité lorsqu’elle repointe son nez.

Les choses semblent bouger à nouveau alors nous reprenons du service à travers ce blog.

Un petit rappel : c’est en janvier 2014 que le Conseil Départemental a décidé de coupler deux projets de déclaration d’utilité publique (DUP) : un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) en rive ouest du lac d’Annecy et un nouveau tunnel de 2,9 km sous le Semnoz, abandonnant de facto la réhabilitation du tunnel existant de la Puya alors proposée par le bureau d’études SYSTRA.

Cette décision de couplage a été prise sans concertation avec les élus participant au Comité de pilotage de l’étude initiée en 2012, intitulée « Aménagement d’un Transport Collectif en Site Propre en rive Ouest du Lac d’Annecy », et encore moins avec la société civile.

Si cette étude avait abouti, le premier bus aurait circulé mi-2018 !

Le couplage était un moyen de faire passer le tunnel en force : les personnes souhaitant un Transport Collectif en Site Propre devraient accepter le tunnel !

Une double concertation en vue

Une quinzaine d’associations regroupées en un collectif « Grenelle des transports et de la qualité de l’air du bassin annécien » www.grenelleannecy.net demande depuis trois ans qu’une large concertation soit mise en place sur l’ensemble des projets de mobilité dans le bassin annécien.

Ce collectif a eu partiellement gain de cause puisque la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a désigné une garante indépendante, Madame Isabelle Barthe, chargée de s’assurer que la concertation sur le projet dorénavant baptisé LOLA « Liaison Ouest Lac d’Annecy »– placée sous l’égide du Conseil Départemental – se déroule en toute transparence et dans les règles fixées par la récente charte de la participation du public.

http://www.participation-et-democratie.fr/sites/default/files/charte_participation_du_public.pdf

Par ailleurs, l’agglomération du Grand Annecy lance une « Concertation préalable relative au projet de Plan de Déplacements Urbains » et la CNDP a chargé la même garante, Isabelle Barthe, de surveiller cette concertation.

En conséquence, il va y avoir, non pas une, mais deux concertations publiques qui vont se dérouler en parallèle à partir du 17 octobre 2018 pour une durée de trois mois.

Ces concertations vont donner lieu à des réunions publiques, des réunions-débats, des ateliers thématiques, un site internet, des communications…

Ces deux concertations sont intimement liées. En effet, le projet de tunnel sous le Semnoz – connecté sur Seynod à une nouvelle voie urbaine (NVU) raccordée elle-même à la rocade annécienne – est intimement lié à la problématique globale des déplacements sur le bassin annécien.

Rappelons que le Conseil Départemental et l’agglomération annécienne ont signé le 27 juin 2016 une convention de financement conjoint à hauteur de 432 M€ pour tous les projets routiers programmés dans l’agglomération annécienne, projets auxquels on peut ajouter l’élargissement de l’A41 à deux fois trois voies entre Pringy et Allonzier-la-Caille :

tableau

Et comme c’est in fine toujours le contribuable qui paye, c’est donc plus d’un demi-milliard d’euros que nos élus entendent injecter dans des projets routiers, et par conséquent davantage de trafic automobile et de pollution.

Concernant nos besoins de mobilité, il nous faut :

  • un transport collectif plus attractif que la voiture individuelle, ce qui implique cadencement, confort, fiabilité, sur un site propre intégral d’Annecy au-moins jusqu’à Doussard
  • des amplitudes horaires larges et simplifiés, sans modification pendant les vacances scolaires ou le week-end
  • un système d’information des passagers, clair, efficace et moderne
  • un projet global qui ne fasse surtout pas augmenter le trafic automobile, voire qui le réduise, pour une meilleure maîtrise de la pollution et des gaz à effet de serre
  • des parkings relais pour voitures et vélos, sécurisés et de capacité suffisante
  • des connexions performantes avec le pôle multimodal de la gare d’Annecy, avec de vraies correspondances bus, SNCF, et Léman Express vers Genève et la vallée de l’Arve

Cette double concertation va nous permettre de nous exprimer.

Soyez prêts !

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2 réflexions au sujet de « Tunnel or not tunnel : une concertation va être lancée »

  1. CLAUDE MAURIANGE

    NON au TUNNEL sous le Semnoz – POURQUOI ?

    Ce n’est pas en répétant un mensonge qu’il devient une vérité, c’est pourquoi il est difficile de croire que nos élus soient naïfs au point de croire ce qu’ils affirment haut et fort, à savoir, que le nouveau tunnel sous le Semnoz va « fluidifier la rive Ouest du lac ». C’est exactement le CONTRAIRE qui va se produire, le nouveau Tunnel sous le Semnoz est un désastre annoncé.

    Il faut le répéter, il ne s’agit pas d’être systématiquement contre ce projet : si ce projet pouvait apporter ne serait-ce qu’un début de solution il faudrait le faire, malheureusement c’est loin d’être le cas, il n’y aucune raison objective pour accepter ce projet nuisible à la santé publique, à l’environnement, à la sécurité, à la mobilité, au contournement d’Annecy et aux finances publiques. Il est difficile de comprendre les raisons de cet entêtement à vouloir réaliser un nouveau tunnel sous le Semnoz, il y a-t-il une raison secrète ou inavouable ?

    Faire croire aux automobilistes coincés dans les embouteillages bi quotidiens de la RD1508 que le tunnel sous le Semnoz serait la solution des problèmes de circulation est une mystification. Certains prétendent même que c’est la seule solution et qu’il n’est pas nécessaire d’essayer autre chose !

    Il est pourtant facile de comprendre, particulièrement en saison de ski, que les touristes suisses, allemands ou italiens seront, à partir de l’A41, automatiquement guidés vers Albertville via le tunnel sous le Semnoz, ce qui engendrera un supplément de circulation de plusieurs milliers véhicules par jour, c’est l’effet GPS. Preuve pas l’exemple : Trop de bouchons sous le tunnel de Fourvière ? La faute aux GPS ! Si les automobilistes sont victimes des encombrements sur l’A6 au niveau du tunnel sous Fourvière, c’est à cause des GPS. Selon le Progrès, cet axe qui passe par le centre-ville de Lyon, est systématiquement indiqué par les appareils des automobilistes. Il s’agit en effet du trajet le court en termes de kilomètre.

    Ce projet détériore, si cela était encore possible, la situation par une augmentation du trafic routier de 43 à 48% chiffres démontré par toutes les études indépendantes payées par le département !.

    Ce projet est nuisible à la santé de la population de tout le bassin annécien notamment des enfants et des personnes âgées. L’automobile facteur de liberté depuis plus d’un siècle et en train de devenir un facteur d’aliénation, de destruction de notre environnement et d’atteinte grave à notre santé causant chaque année de plus en plus de morts dans notre beau département de la Haute-Savoie ; selon l’organisme Santé Publique France, la pollution aux particules fines provoque 85 décès prématurés par an, dans la vallée de l’Arve, soit 8% des morts, cette étude ne traite que des particules fines et non des autres polluants, comme le dioxyde d’azote. La situation sur le bassin annécien est similaire. Ce n’est pas nouveau, ce qui est nouveau c’est la manière dont nos élus entendent apporter une solution en aggravant le problème.

    Ce projet détériore sensiblement l’environnement et notamment la pureté du lac d’Annecy. Sortons de cette hypocrisie qui consiste à mettre en œuvre le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) et lancer, en même temps, des projets routiers qui vont à l’encontre des buts de ce plan. Le plan climat air énergie territorial (PCAET) défini à l’article L. 222-26 du code de l’environnement, document-cadre de la politique énergétique et climatique de la collectivité est un projet territorial de développement durable dont la finalité est la lutte contre le changement climatique et l’adaptation du territoire
    Si le lac d’Annecy est (pour combien de temps encore) un des plus pur d’Europe, c’est en grande partie grâce aux efforts réalisés depuis 1957 (fondation du Syndicat Intercommunal du Lac d’Annecy) pour restaurer la qualité de ses eaux à l’initiative d’annéciens « visionnaires », avec à leur tête le Docteur Paul Servettaz et le Sénateur-Maire Charles Bosson, efforts poursuivis par l’ancien Député-Maire Bernard Bosson. Ne détruisons pas ce qu’ils ont mis si longtemps à construire et soyons fiers de préserver leur œuvre.

    Ce projet n’est pas conforme à la Directive européenne 2004/54/CE et met gravement en cause la sécurité des usagers, qui osera porter la responsabilité des morts lors d’un incendie sous le tunnel ?
    Depuis l’incendie du tunnel du Mont Blanc du 24 au 26 mars 1999 (tunnel monotube) qui causé la mort de trente-neuf personnes dont trente-sept par asphyxie, les corpus réglementaires français et européen, concernant la sécurité des tunnels, ont profondément évolué. Les textes réglementaires pour la construction et l’exploitation ont subi des modifications par étapes successives. Notamment la Directive 2004/54/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 concernant les exigences de sécurité minimales applicables aux tunnels du réseau routier transeuropéen (JO L 167, 30.4.2004, p. 39-91) qui vise à garantir que tous les tunnels d’une longueur supérieure à 500 mètres, qu’ils soient en exploitation, en construction ou en projet, et faisant partie du réseau routier transeuropéen, satisfont aux nouvelles exigences de sécurité harmonisées. En particulier l’Art. 2.1.2 : « En tout état de cause, lorsque, pour des tunnels en projet, les prévisions à 15 ans montrent que le volume de trafic dépassera 10 000 véhicules par jour et par voie de circulation, un tunnel bitube à circulation unidirectionnelle est mis en place pour la date à laquelle ce chiffre sera dépassé. »
    Le 3 novembre 2017, l’incendie du tunnel du Mont Sion sur l’A41 (tunnel bitube de 3,1 km) n’a pas fait de victime, c’est en grande partie parce qu’il est conforme à la norme européenne.

    Ce projet est une folie dans tous les sens du terme, destructeur de l’environnement inefficace et obsolète qui finira par couter à terme plus de 500 millions d’euros au contribuable (à moins que vous ayez d’autres chiffres à communiquer). Est-ce bien raisonnable en cette période de disette financière pour ensuite crier famine auprès de l’état pour obtenir une dotation de fonctionnement supplémentaire ?

    QUE PEUT-ON FAIRE ICI ET MAINTENANT, IMMEDIATEMENT, DE SUITE, pour améliorer la situation des usagers de la rive ouest du lac d’Annecy ?

    Devons-nous attendre les bras ballants une décennie de plus avant de mettre en œuvre, même à titre expérimental, des solutions alternatives respectueuses de l’environnement, sans investissement lourd ? Une route à grande circulation, la RD 1508, coincée entre lac et montagne susceptible d’accueillir plus de 13 723 * véhicules en même temps au même endroit c’est tout simplement une impossibilité technique. Aller à Annecy, le matin ou en revenir le soir en voiture ou avec les rares transports en commun est une véritable galère.
    * 13 723 véhicules c’est le nombre de véhicules des 26 908 habitants de Faverges à Sevrier (15 048 habitants de la Communauté de communes des Sources du Lac d’Annecy et 11 860 habitants de l’ex Communauté de communes de la Rive Gauche du Lac d’Annecy) ce qui fait avec un coefficient 0,51 véhicule par habitant (au-dessus de la moyenne nationale), 26 908 x 0,51 = 13 723 véhicules, CQFD.

    Savez-vous que l’on peut améliorer sensiblement la situation en prenant des mesures peu couteuses, simples et facile à mettre en œuvre ?

    Il y a en effet d’autres solutions notamment celles votées à l’unanimité par le Conseil Municipal de Sevrier le 20 juin 2014. Ces trois mesures devraient faire l’unanimité et démontrer une véritable volonté politique et administrative de faire le bien public et surtout donner à nos enfants et petits-enfants l’assurance de continuer à respirer un air non pollué au bord d’un lac toujours aussi pur. Ces trois mesures ont prouvé leur efficacité et sont réalisables immédiatement et à peu de frais :

    1. Interdiction de circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes entre 7 h et 9 h et entre 17 h et 19 h. (Code de la route Article R411-18 « Le préfet peut interdire temporairement la circulation d’une ou plusieurs catégories de véhicules sur certaines portions du réseau routier. Des arrêtés du ministre de l’intérieur et du ministre chargé des transports peuvent interdire la circulation d’une ou plusieurs catégories de véhicules durant certaines périodes, certains jours ou certaines heures sur tout ou partie du réseau routier… »

    2. Basculement du trafic de transit à destination d’ALBERTVILLE sur les autoroutes A40, A410, A41, A43 et A430 par la mise en place d’une signalisation appropriée aux frontières et sur les grands axes de circulation du département. Des mesures similaires ont démontré leur efficacité lors des jeux olympiques d’Albertville de 1992.

    3. Étalement du trafic de pointe sur une plus grande plage horaire par harmonisation sur la base du volontariat des horaires des grandes entreprises et administrations. Un décalage de quelques minutes en période de pointe évite la formation de bouchons et augmente la fluidité. Il s’agit d’harmoniser les horaires d’ouverture et de fermetures des grandes entreprises et des administrations du bassin annécien. L’étalement du trafic de pointe, c’est des milliers d’heures de travail récupérées, des milliers de litres de carburant économisés et donc moins de pollution dans un milieu aussi sensible que le lac d’Annecy. NB : Une initiative similaire a été mise en œuvre avec succès par la SNCF.

    Si ces trois mesures sont mises en œuvre, une grande partie des difficultés de circulation seront résolues. Les écailles nous tomberont des yeux et nous verrons, si nous avons encore besoin d’un tunnel supplémentaire.
    Et enfin si cela ne suffit pas il faudra bien un jour limiter voire interdire la circulation du tous véhicules polluants.
    La mise en place de la vignette CRIT’Air est un premier pas. C’est pourquoi il est indispensable de proposer AU PREALABLE un système de transport propre à satisfaire la plupart des automobilistes.

    La solution est électrique et ferroviaire toute autre solution est contraire à l’intérêt général et à la lutte contre la pollution. Proposer un pseudo BHNS (Bus à Haut Niveau de Service) d’un autre siècle, diesel coincé dans la circulation actuelle est non seulement un abus de langage mais une véritable tromperie qui n’est pas de nature à inciter l’automobiliste à abandonner sa chère voiture tellement confortable, même si elle pollue un maximum à rouler au pas.

    Bien sûr il s’agira d’une véritable opération de séduction qui mettra en avant un système de transport moderne, par exemple le tram de Besançon le moins cher de France (15 millions / Km) ou pourquoi pas un PRT (Personal Rapid Transit) en français : Transport Personnel Rapide, automatique, modulaire, performant, économique, non polluant et indépendant des voies existantes, qui pourrait desservir l’ensemble de la population autour du lac d’Annecy. Un système de transport qui s’intègre au paysage du lac d’Annecy pour devenir un atout touristique et un symbole de modernité. Pratiquement sans emprise au sol, qui demande peu de travaux, donc pas de manque à gagner pendant les travaux pour les commerçants. Enfin un système transport remarquable par sa régularité, sa rapidité, son cadencement élevé, son amplitude horaire importante et son confort propre à séduire la plupart des automobilistes. C’est à ce prix que le pari peut être gagné, il faut l’envisager sérieusement.

    Inciter les automobilistes à laisser leur véhicule sur les Parking Relais et utiliser les transports en commun, développer le covoiturage sur l’ensemble des rives du lac d’Annecy et du pays de Faverges, sont les étapes nécessaires et préalables pour fluidifier la circulation sur la RD1508.

    Claude Mauriange, conseiller municipal de Sevrier le 14 octobre 2018

    Répondre
    1. jpcfrapna74

      Merci Mr Mauriange pour votre commentaire bien argumenté.
      Comme nous le pensons, l’urgence est de proposer un transport collectif efficace donc en site propre intégral. Nous le ferons savoir haut et clair durant la concertation qui commence aujourd’hui.
      Cécile Lecoanet et Jean-Pierre Crouzat

      Répondre

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